« Les séjours, c’est beaucoup d’amour et de complicité »

PASCALE_VOREUX

Soignante et enseignante, dotée d’une solide expérience de travail auprès d’enfants polyhandicapés, Pascale Voreux est une fidèle des séjours  APF Évasion, où elle partait d’ailleurs en famille. Le plus précieux étant à son sens, d’offrir aux vacanciers un maximum d’interactions avec des jeunes de leur âge ou presque.

 

Qu’est-ce qui vous a amenée à prendre la responsabilité de séjours APF Évasion ?

Pascale Voreux : Cela fait vingt ans que je participe à des séjours APF Évasion, au départ comme infirmière. J’ai un double cursus professionnel. J’étais en effet institutrice lorsque j’ai commencé et je m’intéressais à la prise en charge des enfants handicapés. Je suis donc souvent partie sur des séjours enfants. Aujourd’hui retraitée, je conserve des missions d’infirmière intérimaire. Et depuis cinq ans, je pars comme responsable de séjours.

Quel est votre rôle dans un séjour et comment s’organise-t-il ?

P.V. : Ça commence toujours avec une proposition d’APF Évasion. À partir de là, je poste un message sur Facebook : « Je fais une colo. Qui veut m’accompagner ? » Une “colo”, parce que c’est ainsi qu’on appelait les séjours  APF Évasion. D’ailleurs, j’y emmenais toujours mes enfants qui ont aujourd’hui une trentaine d’années…

Mes accompagnants fidèles me répondent. APF Évasion en propose également. Je reçois ensuite les dossiers des vacanciers et je contacte leurs parents, leur représentant légal ou eux-mêmes s’ils sont adultes, ainsi que les directeurs d’établissement, les éducateurs… Je m’enquière, bien sûr, des traitements, des habitudes de vie. Puis, je rédige un projet de séjour. Cet été, à Saint-Nazaire, le thème sera ainsi « Voyage en terre inconnue ».

Les deux premiers jours, sans les vacanciers, sont consacrés à la formation de l’équipe et l’organisation du séjour. On passe en revue le matériel, la conduite des véhicules, on explique comment faire la toilette, etc. Les accompagnants sont pour moitié des novices. Du coup, je fais des binômes avec les plus expérimentés. C’est toujours plus facile à deux et puis, les habitués sont heureux de transmettre leurs compétences.

Quels souvenirs marquants gardez-vous ?

P.V. : C’est toujours beaucoup d’amour, de complicité. Ça ne dure pas longtemps, alors on ne va perdre du temps à se disputer ! Dans les souvenirs émouvants, il y a ce petit garçon qui avait eu le coup de foudre pour une animatrice et cet autre, heureux d’annoncer à sa maman qu’il avait une amoureuse. Le pauvre, elle lui avait répondu qu’il fallait d’abord qu’il travaille à l’école !

Il y a toujours beaucoup d’interactions entre les enfants et les animateurs. C’est formidable ! Car je sais d’expérience que les enfants polyhandicapés sont presque exclusivement avec des adultes. Mais en séjour, ce sont les vacances. Les emplois du temps sont différents. Et même si les enfants sont non verbaux, ils communiquent.

Que diriez-vous à quelqu’un qui hésiterait à prendre la responsabilité d’un séjour ?

P.V. : « Vas-y ! Je t’aiderai ! » Parce que nous nous épaulons. J’ai ainsi secondé une collègue sur un séjour où j’intervenais comme infirmière. Quant à mes enfants, ils ont été à bonne école. Le plus âgé est devenu directeur de séjour APF Évasion. Quand on se retrouve, c’est d’ailleurs l’un de nos sujets de conversation.