Marine, une infirmière engagée !

 

interview4_portrait

« Les séjours redonnent du sens à mon métier »

Infirmière, Marine Robbe accompagne des vacanciers depuis ses 18 ans. Soins, gestion des traitements et formation des bénévoles relèvent de sa fonction. Mais au-delà, ces moments partagés avec des personnes en situation de handicap ou de polyhandicap sur les séjours APF Évasion la confortent dans sa vocation.

Qu’est-ce qui vous a amenée à APF Évasion ?

En 2017, lorsque j’ai commencé ma formation d’infirmière, j’ai cherché du bénévolat ou une mission humanitaire pour l’été. Je suis tombée par hasard sur APF Évasion. J’avais 18 ans et j’ai accompagné un séjour handicap moteur puis un séjour polyhandicap. Ça m’a  plu. J’ai ensuite commencé à former les bénévoles aux gestes techniques. Puis, mon diplôme obtenu, je suis partie comme infirmière et en 2021, comme responsable de séjours.

Quel est votre rôle sur un séjour médicalisé ou polyhandicap ?

Il y a  beaucoup de soins, notamment pour la peau, avec les plaies que peut occasionner le fauteuil. Des soins techniques aussi, avec des trachéotomies, des personnes qui ont des poches, d’autres une alimentation parentérale…. Nous gérons aussi les médicaments. Les médecins traitants nous adressent les ordonnances. Un mois avant le séjour, nous vérifions qu’il n’y a pas de changement, pas besoin de matériel supplémentaire…

L’infirmier forme et informe aussi les bénévoles. Il leur apprend les gestes techniques, l’utilisation du matériel : lève-personnes, filets de transfert, etc. Il les sensibilise aux pathologies, aux conséquences, aux risques… comme la déshydratation. Les séjours polyhandicap nécessitent un peu plus de formation. Les vacanciers n’ont pas toujours l’usage de la parole et leurs réactions peuvent être déroutantes. La fatigabilité est aussi plus grande.

Que vous apportent ces séjours ?

Pour moi, c’est une leçon de vie. Je perçois chez les vacanciers une joie que j’interprète comme de la reconnaissance. Infirmière intérimaire, je travaille souvent dans une maison d’accueil spécialisée et je n’ai pas autant de temps à consacrer aux personnes. Là, c’est du travail sans être du travail. On partage la vie des vacanciers. C’est totalement différent d’une prise en charge en établissement. On voit le handicap différemment.

Auriez-vous quelques anecdotes à partager ?

Je me souviens d’une activité de parapente à Millau, dans l’Aveyron. Les vacanciers nous ont dit qu’ils avaient eu le sentiment de ne plus avoir de handicap. Certains vacanciers ont aussi beaucoup d’humour et d’autodérision. Pour les bénévoles qui découvrent le handicap, c’est un peu le bizutage. Ils se moquent d’eux gentiment. Ça m’est aussi arrivé. On m’a demandé à quoi me servaient mes jambes !

Un conseil pour un confrère, une consœur qui hésiterait à s’engager sur un séjour ?

Lancez-vous ! C’est une des meilleures réponses à cette souffrance répandue chez les soignants. Après un séjour, il est impossible de dire que l’on n’apporte rien. C’est une bouffée d’oxygène qui permet de prendre du recul. Les séjours offrent une occasion d’exercer pleinement ce métier d’infirmier et lui redonnent du sens.