« La liberté de faire ce que nous voulions »

VAC MOLF

En mai dernier, Johnny Fèvre et sa compagne, Karen, résidents des Deux-Sèvres, sont partis en séjour APF Évasion à Saint-Molf, en Loire-Atlantique. Malgré leurs problèmes de mémoire, tous deux en gardent le souvenir de moments agréables marqués par de nombreux échanges avec les autres vacanciers.

Était-ce votre premier séjour APF Évasion ?

Johnny Fèvre : Non, ça n’était pas mon premier séjour. Mais après celui-ci, je suis prêt à repartir de suite. Avec Karen, bien sûr. Car c’était vraiment un bon séjour. On était totalement rassurés et les gens étaient très sympas. Il faut dire qu’on était dans la moyenne d’âge des vacanciers. Même si je n’ai aucune difficulté à engager la conversation avec des personnes plus âgées que moi qui ai 45 ans.

Est-ce fréquent des vacanciers en couple ?

J.F. : Non, je ne crois pas. Mais avec Karen, nous sommes en couple depuis trois ans et nous louons une maison. Alors, c’était logique de partir ensemble en vacances.

Comment avez-vous préparé ce séjour et qu’avez-vous fait pendant ces dix jours ?

Karen : Nous avons surtout visité les environ de Saint-Molf. En fait, c’était la deuxième fois que nous partions ensemble. Nous avions chacun un accompagnateur pour nous assister dans les actes de la vie courante.  Comme à la maison, où nous bénéficions d’une aide pour faire à manger, le ménage et les courses. Aller chez le médecin aussi…

Le choix du séjour s’est fait sur catalogue. L’assistante sociale du service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS) qui nous suit nous a conseillé. Nous avons choisi une destination pas très loin de notre lieu de résidence pour faciliter le transport. Ni Johnny ni moi ne conduisons. Je suis en fauteuil, car j’ai des problèmes d’équilibre depuis l’accident, en 1995, qui m’a plongée dans le coma et valu trois ans de rééducation. Par ailleurs, nous avons tous deux des problèmes de mémoire.

C’est une animatrice du foyer où nous nous sommes rencontrés (l’association Mélioris gère à Châtillon-sur-Thouet, dans les Deux-Sèvres, un foyer de vie, un foyer d’accueil médicalisé et un SAVS, ndlr) qui a donc organisé le transport sur le lieu de vacances. Et là-bas, c’était vraiment bien. On a eu beaucoup de contacts avec les autres, en effet. On doit même nous envoyer un petit récapitulatif. Une sorte d’album photo de vacances, car avec les séquelles, nous avons du mal à nous en rappeler. Je me souviens cependant que nous sommes allés voir les marais salants.

Johnny : Moi, j’ai moins de séquelles de mon coma que Karen. Alors, j’ai repris de l’assurance à marcher sur les graviers. Les rues à Saint-Molf en sont pleines. Et puis, je connaissais déjà mon accompagnateur. Nous étions déjà partis ensemble à Marseille trois jours et je le vois de temps à autre sur mon lieu de résidence. Donc, j’étais en terrain connu.

Ce qui était super aussi, c’était la nourriture. C’était comme si on était au restaurant tous les jours. Des vacances faciles, avec des gens qui ne nous regardent pas de travers et la liberté de faire ce que nous voulions. Aucune contrainte !