Ils nous disent tout sur leurs expériences de responsable de séjour

Paul et JCD

Ils sont responsables de séjours mais ont des profils différents. L’un, retraité, a découvert le handicap en accompagnant des vacanciers. L’autre, jeune actif, est lui-même en fauteuil roulant. Pour tous deux cependant, les séjours APF Évasion sont des moments exceptionnels et de la joie partagée. 

Rencontre avec Jean-Claude et Paul. 

Depuis quand êtes-vous responsable de séjours APF Évasion et qu’est ce qui a motivé cet engagement ?

Jean-Claude Dubuis : J’ai pris ma retraite en 2001 et suis devenu responsable de séjours deux ans plus tard. Un soir, chez mon généraliste, j’ai vu dans une revue qu’APF Évasion cherchait des bénévoles. Je les ai contactés et j’ai été pris. J’ai eu un peu honte car je ne pensais pas qu’il y avait autant de personnes en situation de handicap en France.

Très vite, je me suis senti à l’aise. Je fais aujourd’hui 3 ou 4 séjours par an. APF Évasion est finalement devenu ma deuxième activité.

Paul de Livron : Je suis responsable de séjour depuis 2019. Étant moi-même en fauteuil, j’étais forcément sensible à la question des vacances. Pendant mes études, j’ai donc pris l’habitude de donner des coups de mains. Notamment en accompagnant des enfants en situation de handicap mental pendant des week-ends.

Je suis aujourd’hui membre d’À fond la vie, une association qui regroupe des personnes de 20 à 30 ans, anime des séjours APF Évasion et propose des activités tout au long de l’année. L’idée est de proposer aux vacanciers en situation de handicap des activités audacieuses, comme un week-end de course en auto-stop, sans avoir peur ni du regard des autres, ni de la complexité de l’organisation.

Quelles sont les principales missions d’un responsable de séjours et les qualités qui vous semblent importantes pour les mener à bien ?

J.-C. D. : Je dirais qu’il faut du dynamisme et de l’organisation. APF Évasion nous transmet les dossiers d’inscription des vacanciers, ce qui nous permet de prendre contact avec les familles, foyers et les prestataires médicaux et de loisirs pour organiser notre séjour sur le site qui nous accueille. On ne vient pas en vacances pour rester enfermé !

La constitution de l’équipe est un point important. Pour une quinzaine de personnes en fauteuil, il y a 40 personnes à loger. Une petite entreprise ! J’ai la chance d’avoir des accompagnateurs fidèles et je m’arrange toujours pour créer des binômes complémentaires. J’essaie aussi d’assurer au plus vite la base de l’organisation, comme la répartition des chambres.

Paul De L : La première mission du responsable de séjour est de recruter son équipe et de la former. Il y a beaucoup de grands novices, des gens qui n’ont jamais eu l’occasion de descendre un trottoir avec une personne en fauteuil ou de faire un transfert. Ce qui n’est pas compliqué mais demande quelques explications.
Ensuite, il faut établir le programme et s’y tenir, en respectant les contraintes. Qu’il s’agisse du bien-être des vacanciers et des accompagnateurs ou du budget.

Enfin, il faut savoir confier des responsabilités petites ou grandes au reste de l’équipe. Il convient donc d’être rigoureux, d’avoir un bon contact humain et d’être pédagogue.

Quels sont vos souvenirs de séjours les plus marquants ?

J.-C. D. : Nous avons récemment fait de la tyrolienne à Belfort. Nous sommes rentrés plein de boue mais tellement heureux. J’ai plein d’anecdotes comme celles-là.

Paul De L. : Les séjours, ce sont des journées de choses ordinaires, mais qui deviennent extraordinaires. J’ai plein de souvenirs marquants. Le char à voile, par exemple, l’été dernier sur la presqu’ile de Quiberon.

En Bretagne toujours, il y a eu ce séjour « Corsaires et pirates ». Nous avons fait une excursion à l’île aux Moines vêtus de marinières et de foulards rouges, avec des épées en bois. Nous avons bien ri lorsque nous avons pris les photos.

Nous avons aussi fait une photo de groupe dans des conditions rocambolesques à Port Navalo, dans le golfe du Morbihan. Ça se passait sur un ponton flottant qui bougeait et nous étions une quarantaine dessus. Rétrospectivement, je me dis que nous avons eu de la chance que personne ne tombe à l’eau.