Charles, un accompagnateur dévoué !

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« Une occasion de dépasser ses préjugés et ses limites »

De belles rencontres et une invitation à la frugalité. C’est ce que retient Charles Petitjean de son expérience de bénévole sur des séjours APF Évasion, qui lui permettent de s’évader chaque année en Bretagne, lui, le Jurassien.

Qui êtes-vous et comment êtes-vous devenu accompagnateur ?

Je m’appelle Charles, j’ai 26 ans, je travaille dans l’agro-alimentaire et j’habite dans le Jura. Je suis sensible à la cause du handicap depuis longtemps car j’ai un grand frère autiste. À l’époque où j’ai commencé les séjours, en 2016, j’étais étudiant et je voulais me rendre utile. Ma mère m’a proposé de faire du bénévolat et m’a conseillé APF France handicap. Je compte aujourd’hui 4 séjours à mon actif, tous en Bretagne au mois d’août.

Quel est votre rôle sur un séjour ?

Je suis le référent d’un vacancier. Je m’occupe de sa toilette, du coucher, du réveil… Parfois des médicaments. Cela dépend du responsable de séjour. C’est lui aussi qui constitue les binômes vacanciers-animateurs entre personnes de même sexe. Si l’on est un accompagnateur novice, il essaiera aussi de nous mettre avec un vacancier facile.

En tant qu’accompagnateur, nous arrivons avant les vacanciers sur le lieu du séjour pour être former. On nous explique les transferts, les soins… Il y a des points de vigilance. Une attention particulière est par exemple portée au sanglage des fauteuils dans les minibus.

Il arrive qu’on aille chercher les vacanciers et qu’on fasse le trajet avec eux, en train, mais aussi parfois en minibus. Le dimanche, le rôle de conducteur est d’ailleurs attribué aux accompagnateurs qui se sentent à l’aise avec le minibus et qui ont, au moins trois ans de permis de conduire.

Que vous apportent ces séjours ?

C’est un moment d’humanité. C’est certes du temps donné mais aussi une occasion de lier l’utile à l’agréable. On peut profiter de ce qui fait le sel des vacances, comme un coucher de soleil sur une plage. On fait de belles rencontres, avec des vacanciers mais aussi des accompagnateurs. On apprend à se contenter de choses simples, lorsqu’on voit, par exemple, une personne en situation de handicap sourire, heureuse d’être là.

Y a-t-il des moments qui vous ont marqué ?

En 2019, nous sommes allés au Festival interceltique de Lorient. C’était grandiose. L’avantage, quand on est avec des personnes en fauteuil, c’est qu’on est placé tout devant. Pour moi qui ne suis pas grand, c’est génial ! Des anecdotes, il y en a plein. Des choses qui font rire tout le monde. Mais ce qui se passe sur les séjours reste sur les séjours…

Un message pour inciter à s’engager comme accompagnateur ?

C’est une occasion de dépasser ses préjugés sur le handicap et ses limites. Avant, par exemple, l’accessibilité, je n’y faisais pas trop attention. Les trottoirs, les toilettes inaccessibles… on ne s’imagine pas le nombre d’obstacles à surmonter lorsqu’on est en fauteuil.

À savoir aussi, il existe un catalogue officiel pour choisir les séjours. Il ne faut pas hésiter à bien l’explorer. Il y a au moins une trentaine de séjours en France et à l’étranger.